Lors de mon dernier post, j'avais coupé court aux trépidantes aventures suite au choc provoqué par le vol de Jacky.
J'avais promis, et je m'y tiens, de vous raconter mes aventures entre Darwin et Perth...
Tout avait commencé sur une promesse.
Une de plus, une de trop ?
La célèbre couturière de Bali, Marie Taille, s'était prononcée pour prendre quelques jours de vacances entre 2 commandes colossales afin de prendre un peu de recul et essayer de trouver dans ces
vacances, ce qu'elle n'avait pas trouver en France, 5 ans plus tôt. Plus qu'honoré de sa venue en terre kangourou, nous nous étions mis d'accord pour quelquechose de rock'n roll et où le confort ne
serait qu'un mythe occidental.
Elle venait accompagnée par mon compère volcanique, Alex, avec qui l'éprouvante ascension du Mont Rinjani nous avait lié d'une amitié sincère.
Et donc, pour témoigner de l'honneur qui m'était fait de leur venue temporaire, je m'étais engagé à venir les chercher à l'aéroport de Darwin sur les coups de 3h du matin.
Nous sommes donc le 10 octobre 2009, et après avoir dépanné une bande d'aborigènes tombés en rade au milieu du Bush, où j'avais commencé la nuit, me voilà à l'aéroport de Darwin sous ses 35°
nocturne et devant la sortie du vol Denpasar - Darwin.
3h15 : Les premiers voyageurs sortent
3h30 : Les sorties se poursuivent
3h45 : Les portes se ferment...
Uh ?!
Qu'est ce qui s'est passé ? ils ont raté l'avion ou quoi ?
Oula, connaissant la Marie, doit y en avoir 2 qui s'expliquent avec les douaniers...
Je demande au service douanier... "Excuse me, is there still some people coming from Bali ?"
"Let me check..."
2 minutes après
"Nobody ! everybody is going out..."
Aie aie aie, je les aurai peut être raté lors d'un moment d'inatention. Ou alors ils ont raté l'avion. Ou alors, il s'agit d'un autre aéroport...
Finalement, je vais voir la compagnie Jetstar, et leur demande de regarder sur le registre des passagers. Pas de pot, il faut être membre de la famille exclusivement pour avoir accès au registre.
Finalement, elle passe un appel au microphone pour alerter toute personne se prénomant Mary Taïlly or Alexander GaoGun.
Chou blanc et me voilà contraint à retourner sur Darwin City en attendant l'ouverture du premier coffee shop pour un breakfast mérité. Je fais un saut à une baie pour voir un sunset magnifique dans
les roses orangés et finalement je reçois une réponse à mon texto, qui me dit, "excuse moi, on s'est trompé dans les dates, on arrive demain même heure".
Super, me revoilà parti pour une deuxième nuit blanche. Ben cette journée, je vais la passer à la piscine, au moins j'aurai un peu de fraîcheur. Et après un copieux petit déj avec la totale pour
environ 20$, je profite de la fraîcheur de la piscine et de la sieste à l'ombre des arbres géants.
J'optimise au mieux la charge de mon téléphone pour être sûr que mon réveil retentira sur le coup de 2h30 et finalement, c'est vers 0h00 qu'il sonne et je consulte le texto qui m'informe que cette
fois ci ils ont raté l'avion...
Et beh, c'est bien parti cette histoire ! Moi qui pensait que rater l'avion n'arrivait que dans les films ou sitcoms mal inspirés. Et beh non, ça existe ! et la preuve en image... enfin en
texto.
Bon beh, je coupe le portable, et m'accorde un vrai sommeil réparateur jusqu'au petit matin où l'arrivée des premiers pêcheurs amorce un réveil agité sous la chaleur darwiniste. Rappelez vous.
Seuls les plus forts survivent. Et moi, mon pire ennemi n'est pas seul, mais ils sont 35. Sacré Crocodile Dundee, il m'aura fait rêver étant petit, aujourd'hui, ce n'est plus de l'admiration que
j'ai, c'est de la compassion.
Finalement, nous sommes le 12 octobre, je suis à l'aéroport de Darwin et je vois arriver avec un sourire jusqu'aux oreilles les compères Marie et Alex...
Ah bah quand même :)
"Hey Dante, tu sais pas ce qu'il m'a dit le douanier ?"
"Euh non"
"Il me demande combien de temps je reste en Australie, je lui dis 4 jours, il me dit pourquoi ? je lui dis pour des vacances et il me répond enfin : A Darwin ? vous êtes sûre ?"
"Ah oui, en effet ça peut surprendre, ahah"
On se prend un café à l'aéroport, on charge Jacky et on file en centre de Darwin pour se faire un bon breakfast en premier lieu, puis acheter quelques victuailles pour un barbecue en bord de mer.
Au menu, kangourou et légumes. Et enfin, direction KAKADU NATIONAL PARK.
Kakadu, est le plus grand parc national d'Australie. Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, il compte des millions d'espèces animales et végétales différentes, dont certaines qui ne vivent que
dans le Kakadu.
La nuit commence à tomber et nous élaborons notre premier bivouaque à l'entrée même du parc avec un menu de luxe. Pastas, sauce tomate, thon et parmesan...
Seulement, le problème, c'est qu'une fois la nuit tombée. Lorsque vous êtes au milieu de la jungle, tout fait peur. Et le moindre bruit suspect nous mets en alerte d'une attaque d'un éventuel
serpent, buffle ou pire : un crocodile. Nous devons finalement prendre sur nous pour aller jusqu'à la poubelle publique afin de jeter nos détritus et également aller jusqu'aux sanitaires improvisés
pour une vaiselle nocturne. Nous décidons d'y aller tous les 3 et de rester grouper. C'est plus sage, il y aura forcément au moins un survivant :)
Finalement, nous trouvons difficilement le sommeil sous une averse improbable après les millions d'étoiles qui ont illuminé notre repas de fortune. Et c'est au petit matin que nous prenons la route
pour nous enfoncer davantage dans le Kakadu, à la rencontre des crocodiles.
Notre première rencontre est un couple de français, qui font le voyage d'un an à travers l'Australie alternant entre découverte et petits jobs. Nous échangeons quelques mots avec eux puis montons
vers le pic nord est du Kakadu. Là, nous croisons un Ranger m'engueulant pour ma conduite un peu trop sportive en ce lieu de méditation aborigène et après mes plus plates excuses, il finit par nous
enseigner : Le Kakadu.
Méfiez vous des crocodiles, ils vous attaquent pour vous tuer et pour vous manger et s'ils le font, vous n'avez aucune chance de survie donc restez toujours à l'écart des lieux d'eaux, évitez de
cuisiner du poisson, comme du thon par exemple et de l'huile ; ça les attire. (Gasp ! il y avait quoi dans les pâtes au fait ? Thon à l'huile d'olive c'est bien ça ?) et puis faîtes attention, vous
n'êtes à l'abri dans le Van que si vous gardez les portes et fenêtres fermées (re-gasp, à 3 dans le Van, notre seule survie contre la chaleur était le courant d'air, et il n'y avait pas une porte
ni fenêtre que nous ayons ouvertes durant la nuit d'avant)... Enfin sâchez que ce lieu est sacré pour les aborigènes, nous fermons les portes à la tombée de la nuit, car les esprits sont présents.
Si vous restez, vous verrez que tous les abos fuient ces lieux avant que le soleil n'est disparu. Ne plaisantez pas avec la magie aborigène...
OK, merci monsieur le ranger, mais nous, on est pas là pour les esprits, on est là pour voir les crocos. Une recommandation ?
Nous voilà donc devant une rivière : Alligator river. Cette rivière porte ce nom, car le pionnier des lieux, ne sachant faire la différence, avait pris ces crocodiles pour alligators.
Personnellement, je ne lui en veux pas, mais il aurait pu préciser que certains Salties (Crocodiles d'eau de mer) faisaient dans les 7 mètres de long ! Je vous laisse imaginer le bestiau.
D'ailleurs, nous en avons croisé environ 3 nageant dans la rivière, à l'affût des poissons se trouvant piégés par la route lorsque le niveau de la mer descend. J'avais malheureusement de nombreuses
photos et vidéos de ces instants magiques, mais comme vous le savez, mon infortune de Perth ne me permets pas de les partager avec vous...
C'est alors que ce couple de bretons nous retrouve auprès de cette rivière, et nous décidons d'établir notre prochain bivouaque en leur compagnie. Autant Michaël, est prêt à tous les dangers, sauf
celui des crocodiles (un peu comme nous 3) ; autant Annabelle, n'est pas prête à risquer le camping sauvage au regard des Rangers et nous devons alors trouver un lieu plus ou moins légal.
Finalement, après avoir diné des mets savoureux résultant de l'association de nos victuailles et des leurs ainsi que quelques pichets bien servis sur le parking d'un camp de ranger, nous avons mis
les voiles vers un camping autorisé pour quelques dollards que nous n'avons, par chance, pas eu à payer...
Au réveil, un Dingo nous a rendu visite, et parce qu'il n'était pas en meute ni habitué à la nourriture omnivore, il n'a montré aucun signe d'agressivité, mais davantage de curiosité...
Nous avons passé la journée à traverser le Kakadu. Marie avait pris les commandes tandis que je profitais du lit de Jacky avec fenêtres ouvertes m'apportant la fraîcheur suffisante pour récupérer
de la veille. Et nous sommes allés jusqu'au Litchfield National Park afin de voir les chutes d'eau.
Nous nous sommes baignés dans les gorges, les trous d'eau et les lacs naturels, sous l'oeil complice d'une centaine de chauve-souris géantes et de quelques araignées de la taille de ma main.
Les crocodiles de ces eaux, étant des "Freshies", nous n'avions pas à craindre leur attaque, mais nous devions toutefois ne pas les déranger. Après tout, ils ne font au maximum que 5 mètres. Pas de
quoi avoir peur ! ...
Dernière nuit dans le Litchfield et retour à l'aéroport. Gros bisous à Marie et merci d'avoir pris un peu de son temps pour cette super aventure. Alors, nous avons commencé à faire la route en duo
avec Alex sur toute la côte ouest jusqu'à Perth.
4000km de sable rouge, de cailloux, de baobabs et encore de sable rouge.
Jacky a bien tenu la cadence, et nous avons profité de nos nuits sur le toit de Jacky sous un panorama étoilé auprès d'un feu de camp. Quel souvenir ! S'il n'y avait pas autant de mouches le jour
et autant de moustiques la nuit, cet endroit serait le refuge spirituel idéal !
Broome a été notre havre de repos et de société. Billard à l'Australienne (c'est à dire, que les adversaires, vous les respectez quoiqu'ils fassent ou quoiqu'ils disent tout simplement parce que
malgré votre mètre quatre-vingt quatorze, vous faîtes toujours la moitié de son poids), ping pong en claquettes, et bières à gogo, nous avons cuvé le lendemain devant un océan turquoise.
Port Hedland fût un choc culturel avec ses travailleurs et travailleuses industrielles dans les 150 kg et sa bouffe avec de la graisse et quelques condiments pour la nutrition.
Coral Bay nous a permis de faire un snorkeling furtif avec des poissons de 1 mètre de long. Eau turquoise, transparente, magnifique, mais unfortunately gelée. La pancarte du restaurant le
précisait. "Pêchez votre poisson, nous le cuisinons"
Mais toujours nous a poursuivi, la magie du Bush et de ses sempiternels paysages rouges vifs où les quelques petrol stations équipés du bar ont donné naissance à une ville de moins de 100
habitants.
Duo avec Alex très agréable où nous avons échangé les soirées à jouer aux échecs lorsqu'il n'y avait pas de bar à moins de 500 km. Les réveils difficiles avec la torche d'un ranger impatient
dans les yeux. Les tournées de bière à l'oeil sur des défis remportés au billard. Les films sur l'Afrique (prochaine destination ?). La chanson "Ma faute à toi" de La rue kétanou...
Finalement les premières fraîcheurs et premières pluies ont annoncé notre proximité de Perth. La grande ville la plus isolée au monde... et après avoir jouis des bienfaits de la ville et de la
compagnie d'un trio bretons fort sympathique, nous avons rejoins l'extrême sud ouest pour marcher à la hauteur des géants qui habitaient autrefois cette vallée d'eucalyptus colossaux...
Ce n'est qu'au retour de cette dernière aventure australienne en duo que le drame arriva... Mais ça, vous connaissez déjà l'histoire.
Aujourd'hui, je suis à Chiang Mai, au nord de la Thaïlande, proche de la frontière avec le Laos. L'alternance chaud froid de Bangkok et de ses multiples climatisations m'a bloqué au lit pour la
journée et je profite d'une connection Internet haut débit associée au confort de cette chambre pour vous résumer ce que vous aviez manqué.
Quoi d'autre ? J'ai passé quelques soirées avec le trio breton, (quelle descente ces bretons et plus particulièrement ces bretonnes ! Un gros bisou à Sev, Sab et Chris au passage), je me suis
amélioré en surf et en anglais à Sydney, j'ai eu un nouveau passeport en quinze jours auprès de l'ambassade de France à Sydney. Ce qui, à mes yeux, est un record. J'ai volé avec Emirates. Je me
suis fait mettre la main au paquet par un Lady Boy dès mon arrivée à Bangkok. J'ai dépassé les vitesses autorisées dans un Touctouc déjanté. J'ai pris le train thaïlandais pendant 12 heures. J'ai
le moral et je suis heureux...
Pour les détails, il faudra qu'on en parle...
Bisous à toutes et à tous.
Dante