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De Melbourne à Darwin
Episode 3/3 : De Alice Springs à Darwin
Suite de l’épisode 2/3 : De Adelaïde à Alice Springs
Après le récit chronologique de la première partie puis l’anecdote m’ayant marquée de la seconde, qui ne sont après tout que des illustrations d’une expérience humaine ; place au poème pour cette 3ème et dernière partie. Mais avant tout ; une introduction pour les raisons de cette motivation.
Pendant cette traversée de Alice Springs à Darwin en solitaire, ce qui m’a le plus marqué c’est ma relation avec le temps.
Toute femme et tout homme a déclaré un jour : « les secondes étaient comme des minutes, les minutes des heures, les heures des jours, les jours des mois, etc. » et un autre jour : « cette semaine est passée en un éclair ».
Comment ces deux impressions tout à fait opposées se manifestent elles ?
Nous avons tous nos expériences à ce niveau là : une semaine de boulot tellement chargée que nous sommes surpris d’être en week end. Un cours éducatif tellement ennuyeux que l’horloge semble vous provoquer à chaque seconde. Une séance de dentiste où l’on attend la délivrance. Une séance de massage que l’on souhaiterait ne jamais s’arrêter…
D’un point de vue empirique, nous pourrions donc formuler 2 hypothèses :
Une première hypothèse serait de dire que plus son esprit est occupé, plus le temps s’accélère. Ce qui revient à dire que lorsque je m’ennuie et donc j’ai conscience du temps, alors celui ci ralentit. Une hypothèse où la conscience du temps qui passe en fait un élément majeur de notre existence et prend donc le premier rôle dans cette comédie humaine.
Une seconde serait de dire, que les moments de joie passent rapidement tandis que la souffrance s’installe, le tout se matérialisant par un processus organique tout a fait explicable par un docteur philopsychosociologue avec un arsenal de diplômes en poche et armé de plus d’une démonstration pour valider cette dernière.
Proust disait : « Théoriquement on sait que la terre tourne, mais en fait on ne s'en aperçoit pas, le sol sur lequel on marche semble ne pas bouger et on vit tranquille. Il en est ainsi du Temps dans la vie. »
Pour ma part, je pense que si l’on a la connaissance de la Terre qui tourne, il suffit parfois d’être confronter au désert pour que nous prenions conscience de son mouvement et que nous soyons alors pénétrer par le temps. Le temps existe a travers notre conscience.
Et j’irai même jusqu’à dire notre inconscient car je constate que nos rêves semblent parfois durer toute une vie alors qu’ils ne sont le reflet que d’une seule seconde de sommeil. A contrario, certains rêves ne sont qu’une image, un moment, un instant, une émotion, alors qu’ils nécessitent quelques minutes à se matérialiser.
J’écrivais encore récemment à une amie : « il est peut être temps pour toi de prendre ton temps ». J’imagine
que j’ai paraphrasé quelqu’un de mort et enterré. Peu importe ; je reste convaincu que le temps tout comme l'espace ne sont pas imposés et que le temps n'existe qu'a travers nous et
notre conscience.
Voici donc ci dessous, mon expérience avec le temps, et il m’aura fallu un voyage en solitaire dans les Northen Territories d’Australie pour en faire ressortir un écrit.
Et si voyager seul permettait d’avoir le temps de mieux le partager avec les autres ?
« L’Amour, c’est l’Espace et le Temps rendus sensibles au cœur. » Proust
Mon Temps Des 100 Dents
Imaginez une route infinie sans marquage ni détour ;
Imaginez un décors monochrome de terre rouge envahissant quelques épineux ;
Imaginez une colline perdue dans ces sempiternelles plaines alentours ;
Imaginez une chaleur étouffante résultant des flammes d’un soleil audacieux ;
Regardez votre passé dans votre rétroviseur et constatez qu’il est composé de cette même image, reflet du futur ;
Réveillez vos pensées dans cet environnement où l’infinité spatiale semble imposer au temps une fracture ;
Rappelez vos souvenirs à votre mémoire et revivez ces moments ;
Respirez ! Vous n’êtes plus pressé par le temps ;
Le temps est votre paradoxe dans ce combat cognitif ;
Le temps que vous réclamiez jadis, asphyxie aujourd’hui votre cœur maladif ;
Le temps fini par s’envoler avec un aigle majestueux ;
L’aigle est parti, le temps est dans les cieux.
Souffrez, Riez, Vivez et enfin Comprenez ;
Votre corps ne change pas en l’absence de temps, mais votre conscience s’accélère ;
Regardez le bleu du ciel puis le rouge du désert ;
Le mélange de l'espace et du temps se produit, oubliez tout, vous rêvez !
Vous êtes le sable, infime particule esclave du vent pour vous déplacer ;
Vous êtes l’arbuste, prisonnier de ce sable et cherchant l’eau en son sein ;
Vous êtes l’aigle, soumis à sa proie protégée par l’arbuste serein ;
Vous êtes le vent et jouez avec ces éléments pour continuer à les faire danser ;
Votre réveil vous panique car votre inconscient semble avoir une limite !
Pourquoi n’êtes vous pas capable de rêver plus loin que votre cœur sans mérite ?
Pourquoi ne pourriez vous pas être l’Univers infini, plutôt qu’un vent éphémère ?
Comment le temps peut il être assez sot pour s’ignorer de façon si amère ?
N’ayant pas de conscience relative, le temps s’ignore ;
Et pourtant vous imaginez dépendre de lui toujours et encore ;
Et si le temps dépendait de vous et de ce que vous en faîtes ;
Apres tout, le temps n’est qu’un paramètre de votre intellect ;
Ça y est, vous en avez conscience, il est temps d’agir ;
Vous êtes liés : vos naissances, vos vies, vos morts viennent de s’unir ;
Contez au temps pourquoi vous êtes si fier ;
Alors le temps écoutera, vos chuchoteries familières ;
Apprenez lui ce qu’il peut faire pour vous et pour Elle ;
Aimez le, pour qu'il eternise vos plaisirs en mémoire ;
Soyez redevable et invitez le à vous construire jusqu’à votre gloire ;
Enfin et surtout, expliquez lui comment accomplir votre utopie personnelle.
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